Diversité au Conseil communal, cohésion à la Municipalité

L’Association Saint-Sulpice Ensemble (ASSE) présente donc au 2e tour des élections à la Municipalité son unique candidate malheureuse du 1er tour, Roxane Berner, dans l’espoir qu’elle rejoindra à l’exécutif ses quatre colistières et colistier déjà élu·e·s. Elle s’y est décidée en assemblée générale extraordinaire à l’issue d’un débat nourri sur la pertinence d’occuper tous les sièges d’une Municipalité ou d’en laisser un à un autre parti. Au terme d’un long échange, au cours duquel les principaux arguments pour et contre ont été présentés, le vote s’est révélé net et sans appel.

Les principaux arguments exprimés en faveur d’une candidature de l’ASSE ont été la qualité de la personne présentée et la volonté de jouer le jeu de la démocratie.

La qualité de la personne, d’abord. Roxane Berner possède une intelligence rapide, un caractère ferme et une éthique irréprochable. Elle est titulaire d’une licence HEC, qui lui a donné un bagage précieux dans deux domaines-clés au sein de tout exécutif, les finances et la gestion. Elle compte enfin une riche expérience de la politique locale, après dix ans passés au Conseil communal, dont trois à la tête de sa principale commission, celle de gestion et des finances, où elle s’est révélée une travailleuse infatigable. Qui dit mieux ?

La démocratie, ensuite. L’ASSE aurait pu s’épargner une nouvelle campagne en cédant un siège à un autre parti. Mais au nom de quoi l’aurait-elle fait ? Sans doute pas au nom de la démocratie. Le régime qui est le nôtre exige de demander au peuple de se prononcer lors d’élections en bonne et due forme. Il suppose aussi de tenir compte des signaux adressés par les électeurs, tel l’excellent score que Roxane Berner a réalisé au 1er tour, avec 48% des suffrages, tout près de la majorité absolue et très loin devant ses concurrents. En démocratie, les partis ont pour vocation, et même pour devoir, de soumettre des choix aux électeurs. Pas de s’entendre entre eux dans le dos de la population.

Faut-il craindre un manque de diversité à la tête de la commune en cas d’élection de Roxane Berner ? Cette inquiétude, perçue ici et là, doit être tempérée. L’ASSE n’est pas un parti monocolore, clairement orienté idéologiquement et soucieux des intérêts d’une partie déterminée de la population : elle constitue une liste d’entente construite autour du principe d’ouverture et de bien commun. Ceux qui s’y sont inscrits comme ceux qui l’ont approchée savent quelle multitude de sensibilités elle recouvre et combien les débats sont nourris en son sein. Ses quatre élu·e·s et sa candidate à la Municipalité sont eux-même loin d’être aligné·e·s, comme en ont témoigné leurs longues discussions préparatoires de ces derniers mois.

Cela ne signifie pas, bien entendu, que l’ASSE n’ait pas besoin d’être contredite de l’extérieur. Mais cette opposition sera garantie là où les questions essentielles sont tranchées, à savoir au Conseil communal. L’ASSE n’y aura plus la majorité absolue dont elle a bénéficié durant la législature qui s’achève. Elle ne pourra plus y imposer quoi que ce soit toute seule : elle devra y trouver constamment des compromis avec l’une ou l’autre des autres formations présentes. S’il y a un lieu où la diversité fait sens, c’est bien là. Et cette diversité existera.

A la Municipalité, la question se pose autrement. Là où la commune se gère au quotidien, là où des projets doivent être formulés, la compétence et la cohésion sont essentielles. Ce n’est pas pour rien que le législateur a prévu le scrutin proportionnel pour les élections au Conseil communal, où la priorité est la représentation de la population dans toute sa diversité, et le scrutin majoritaire, plus resserré, pour les élections à l’exécutif, où la priorité est l’efficacité. Or, tant pour ses qualités propres que pour sa capacité de collaborer avec les municipaux élus, Roxane Berner est la candidate de l’efficacité.